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  • Photo du rédacteurVivana Oreal

COMMENT GARDER SON CALME FACE À UN ENFANT AGRESSIF (CRIE/TAPE/MORD) ?

Dernière mise à jour : 6 nov. 2023


Votre enfant a 2, 4, 7 ans, et (vous) tape, griffe ou vous hurle dessus lorsqu'il ressent de la colère ? Vous êtes quelqu un de calme habituellement mais les accès de colère de votre enfant vous mettent hors de vous et cela finit dans les cris, les pleurs ? Il est difficile de gérer ces situations avec sérénité ?

Vous vous sentez démunie et souhaitez retrouver un apaisement ?


Cet article va vous donner des pistes pour comprendre et faire face à ces situations qui peuvent être éprouvantes et déroutantes pour vous et votre enfant.






1. POURQUOI MON ENFANT ME TAPE


a. Comprendre son développement cérébral


Un enfant jusqu'à l'âge de 6-7 ans environ, ne sera pas capable de se contrôler. Au delà de cet âge, cela va se faire petit à petit, mais le cerveau fini de maturer vers 25 ans, notamment le cerveau limbique et le cortex orbito-frontal (COF) qui est entre autre, le siège du raisonnement, de la mémoire de travail - garder une consigne en tête le temps qu'on la réalise - , et surtout, du contrôle des réponses émotionnelles !


Nous, adultes, sommes (en théorie) capables de nous maîtriser à peu près face à une tempête émotionnelle car nous avons les capacités cognitives, pour prendre du recul, analyser la situation, voir si nos réactions sont excessives, et ne pas céder à des pulsions de violence.


Et aussi parce qu'on nous a appris à nous contenir, à garder surtout les émotions négatives en nous. Ce qui est une "bonne" chose d'un point de vue du regard des autres, de la société, mais qui peut être toxique si nous ne savons pas nous laisser traverser par ces émotions. Effectivement, certains adultes se laissent ainsi submerger par leur peur, leur colère, sans pouvoir les calmer, ni les exprimer de manière saine, sans agresser l'autre.


Les comportements des enfants ne sont pas toujours compréhensibles à nos yeux, et nous sommes souvent dans l'attente que les jeunes enfants sachent tolérer la frustration, rester calme, se contenir pour exprimer "correctement" leurs émotions, mais en réalité, ces demandes sont trop précoces, c'est en dehors de leurs capacités.


Se poser la question : Que voulons-nous ? Que notre enfant puisse exprimer sa colère ? Ou plutôt qu'il la garde pour lui ?


Cela va grandement jouer sur la qualité de notre relation dans le futur, s'il n'est pas autorisé à l'exprimer. Car l'enfant entend qu'il ne peut pas/ne doit pas ressentir de la colère/tristesse/peur. Ou du moins, que cela soit fait de manière silencieuse. Donc il va comprendre que les émotions dites négatives, sont indésirables. Qu’il doit les refouler.


Et l'enfant va apprendre à garder en lui ce qui ne va pas en grandissant. Est ce vraiment ce que nous souhaitons ?


Il sera capable de l'exprimer de manière correcte socialement avec le temps, en grandissant. Cela semble long, mais faites lui CONFIANCE !



b. Ce n'est PAS ACCEPTABLE de taper, mais garder en tête que l'enfant, quelque soit son âge, fait du mieux qu'il peut


En effet, ce n'est PAS ACCEPTABLE, mais un enfant qui tape ou crie, a ses raisons : il est fâché, frustré, car il n'a pas pu prendre le jouet qu'il voulait, un enfant lui en a pris un des mains, il n'a pas pu avoir une 2ème part de gâteau, c'est un moyen de rechercher le contact…


Décoder, aller chercher pourquoi il tape, permet d’avoir une approche constructive où on essaie de mieux le comprendre, d’être empathique, et donc de se connecter à lui.


Si votre enfant réagit de cette manière, c'est qu'il n'arrive pas à faire autrement. Comprendre cela permet de ne pas être énervé et de le faire culpabiliser par des phrases du type “tu n’aurais pas dû te comporter comme cela, je suis déçue” ou encore “tu n’es pas comme ça d’habitude”.


C'est un long chemin pour arriver au résultat. Lorsque votre enfant tape ou hurle, ou a des mots “méchants”, il s'agira de lui montrer comment faire autrement. Lui donner des outils. Il ne saura pas les utiliser TOUT DE SUITE, ni peut être la prochaine fois, et c'est NORMAL.


Apprendre à se maîtriser, à tolérer la frustration prend du temps (et cela ne s’apprend pas en frustrant volontairement l’enfant).


La répétition et la patience sont vraiment les clés.


Et en attendant, faire ce travail sur soi pour se détacher du regard des autres, accepter pleinement que les tempêtes émotionnelles, les "crises de colère" soient "explosives" (sans nuire à lui-même, ni aux autres).



c. Nous sommes leurs modèles


Donner les bons outils pour exprimer sa colère sainement, sans nuire aux autres, s'apprend et prend du temps. L'être humain apprend surtout par observation et mimétisme.


Exprimer sa colère sainement, ce n'est pas :

- se décharger sur les autres (en leur criant ou en leur tapant dessus),

- tout garder en soi, et de laisser les émotions s'accumuler pour finalement en avoir honte ou exploser lors de la goutte d'eau qui fait déborder le vase.


Plusieurs outils peuvent être proposés. Mais si nous ne les appliquons pas nous-même, cela va être difficile pour notre enfant de les utiliser, même si on en parle à froid.


Vous remarquerez que les enfants s'imprègnent de ce qu'ils voient. Nous n'avons pas forcément besoin de leur dire de faire telles choses. Ils font pareil que nous.

Ex : les gros mots ;)


Donner une fessée à votre enfant pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas taper sera inefficace et incohérent. Il comprendra surtout que taper est acceptable.


Souvent, taper est une réaction réflexe que les enfants ont, tout petits, face à ce qu’ils perçoivent comme une menace. Mais si on ne leur montre pas comment faire autrement, ils auront du mal à y parvenir.


Montrer l'exemple est ce qui est le plus efficace, plutôt que de simplement leur interdire de taper. Certes, il ne faut pas taper. Mais que peuvent-ils faire pour extérioriser cette colère ? Pour dire “non” autrement ? Votre enfant a besoin d'outils, de solutions alternatives.



d. Dans quelles situations ces “crises” se passent-elles ?


Il peut être intéressant d’analyser les situations, pour voir pourquoi votre enfant ressent de la colère. Est-il frustré ? A t-il reçu beaucoup de consignes, d’interdictions dans la journée ? A t-il les capacités de réaliser ce qu’on lui demande ? Les frustrations ont-elles été validées, reconnues ?


Quels sont les motifs ayant motivé ces refus de votre part ? Étaient-ils vraiment nécessaires, non négociables ?


Je vous invite le plus souvent à dire oui à votre enfant, autant que faire se peut bien sûr et à réfléchir à la raison pour laquelle vous refusez d’accéder à la demande de votre enfant. Car souvent nous refusons des choses à nos enfants par peur, par convention sociale ou automatisme, par principe (pour ne pas “céder face aux caprices”), que par réel danger ou réelle nécessité.


Les tempêtes émotionnelles sont normales, elles correspondent le plus souvent à une décharge d'un trop plein de la journée. Mais ça ne l’est pas si c’est “tout le temps”.




2. COMMENT REAGIR SANS VIOLENCE


Le but n’est pas de calmer les enfants à tout prix. Le but est de les aider à traverser leur émotion sans qu’ils soient violents envers les autres ou avec eux-mêmes, et sans violence de notre part non plus.

Le but est de les aider à comprendre et à apprivoiser ce qu’ils ressentent dans leur corps.

Le but, dans le fait d’agir sans coercition, est de préserver le lien affectif qui vous unit.


Voici les étapes principales à suivre, lorsque votre enfant/ado vit une tempête émotionnelle :


a. Arrêter les coups :


La violence, physique ou verbale, n'est pas acceptable, ni envers l'enfant, ni envers vous ou une autre personne, évidemment.


Si l'enfant nous tape : stopper le coup, et s'éloigner si nécessaire en lui disant le plus calmement possible que l'on refuse ce type de réaction.


Débriefer plus tard, à froid, sur les gestes violents, les mots durs ou insultants qu'il aurait pu avoir. Verbaliser ce qu’il a pu ressentir, ce qui s’est passé en lui, sur le fait qu'il a ressenti beaucoup de colère mais que l'on n'accepte pas d'être tapée ou qu'il tape d'autres personnes (sans le faire culpabiliser).


Le faire sur le moment même est inefficace, cela peut même exacerber une crise, car l’enfant est en mode automatique et n’est pas apte à recevoir d’autres informations.



b. Respirer pour se recentrer rapidement sur soi et se connecter à son enfant


Cela se fera plus naturellement avec la pratique, mais prendre ne serait-ce que quelques dizaines de secondes pour se recentrer et faire face aux crises et à l'agressivité de votre enfant le plus calmement possible, en ne laissant pas des pensées du type :


"il est vraiment agressif, non mais pour se prend-il ?"


" il est en phase d opposition, il faut qu'il comprenne qui est l'adulte ici !!"


"je ne vais pas me laisser martyriser par un enfant."


"Il est vraiment d’un tempérament colérique, il fait une crise de nerf pour un rien !”


"il fait une bouderie/ des caprices / je ne vais pas céder aux caprices."


“si je laisse faire, ça va être de pire en pire, ça va être comme ça au moindre caprice"


Car lorsque ces pensées nous traversent l'esprit, nous aurons forcément du mal à entrer en empathie avec notre enfant.


Le but est de se mettre dans une bulle afin de rester calme. Surtout en présence d'autres personnes, on peut rapidement perdre patience face au regard et au jugement (ou le jugement qu'on imagine parfois aussi) des autres.


Ce qui peut vous aider au quotidien :


- Pratiquer la cohérence cardiaque (respirations) 3 fois par jour, 5 min, en pleine conscience,


- Verbaliser vos émotions à vos enfants, sans attendre que vous vous sentiez submergée,


- Être consciente de son niveau d'énergie, de ses ressources internes, afin de mettre en place rapidement des petites actions pour vous faire du bien (boire un café ou de l'eau, prendre une douche, vous isoler seule 5 min pour souffler,...),


- Trouver si possible 5 min pour vous lorsque vous sentez que vous n'êtes pas dans de bonnes dispositions pour écouter votre enfant, pour vous recentrer.



c. Les paroles sont inutiles lors des tempêtes émotionnelles


Cela peut être déjà difficile pour un adulte, imaginez donc pour un enfant. Il est impossible pour lui d'écouter et de recevoir les informations que vous avez à lui donner lorsqu'il est en plein dans le pic de la tempête.


Tenez-vous à sa hauteur, à sa disposition et dites-lui/faites lui comprendre par un regard empathique que vous êtes là pour lui, pour apaiser sa colère et que vous êtes là pour un câlin quand il sera prêt. Profitez pour continuer à respirer et rester connectée à votre enfant. Pour être ce roc solide sur lequel votre enfant peut s’appuyer.


Verbaliser son émotion suffit amplement : "Là je vois que tu es très en colère pour taper comme ça".


Trouver de l'empathie, si vous y arrivez : "ça doit être très difficile pour toi, je comprends".


Mais il est bien sûr inutile de le dire/faire si vous ne le pensez pas.


Parler et entrer dans d'autres explications, essayer de raisonner l'enfant va l'énerver davantage.



d. Lui proposer une présence, un câlin pour faire redescendre l'émotion.


Accepter qu'il refuse, patienter à côté jusqu'à ce qu'il soit prêt.


"C'est lorsque l'enfant semble en mériter le moins que les enfants ont le plus besoin d'amour et d'attention." Aletha Solter

Ce type d'attitude invalide la violence, l’agressivité, mais permet de montrer à son enfant qu'on accepte sa colère, qu'on l'accepte inconditionnellement, "même lorsqu’il est dans cet état là" et qu'on va l'aider à l'exprimer correctement.


Il est possible aussi de lui proposer de s'isoler seul ou avec vous, dans une pièce plus calme (et non pas de lui imposer de s'isoler - ce qu'il peut vivre comme un rejet de notre part lorsqu’il se met dans cet état là). Cela dépend beaucoup des enfants évidemment.


Si vous sentez que la situation devient “trop” pour vous, que cela vous met en colère aussi, vous pouvez aussi vous isoler. Là aussi, cela dépend des enfants.


*** Et dans le cas où vous n’avez pas réussi à prendre les choses calmement, que vous vous êtes énervée sur votre enfant, soyez bienveillante envers vous-même. Reconnaître son erreur est important pour votre enfant. Cela lui montre déjà que vous n’êtes pas infaillible, et que ce n’est pas normal d’avoir agit ainsi vis-à-vis de lui même si vous avez fait du mieux que vous pouviez à ce moment-là. Cela lui montre aussi que vous savez reconnaître vos erreurs, et c’est un bel exemple !


Faire face à un enfant qui traverse une tempête émotionnelle est difficile si on ne nous a jamais appris à le faire, et c’est normal.

Arrêter de crier si on a connu cela enfant, est difficile et c’est normal.


Si vous sentez que les déclencheurs sont nombreux et fréquents (“j’ai tendance à m énerver très facilement”), un accompagnement en sophrologie et/ou se faire suivre par un thérapeute en complément peut être très bénéfique pour défaire ces comportements ancrés.***



3. PROPOSER DES SOLUTIONS À FROID


Proposer toutes les alternatives à froid non pas pour “gérer sa colère” ou la “canaliser”, mais pour exprimer la colère, l’évacuer sainement. Lors d’un moment calme ou de jeux par exemple. C’est à ce moment-là que votre enfant sera réceptif. Et qu’il saura utiliser la prochaine fois (ou pas encore) ce que vous avez pu voir ensemble, pour s’apaiser :


- verbaliser ses émotions

- hurler/taper dans un coussin pour se défouler

- gribouiller sur une feuille, la froisser et la jeter

- prendre une boule anti-stress

- pleurer

- faire de la respiration consciente

- s'isoler

- taper des pieds, faire de grands mouvements avec les bras

- aller courir…


Appliquer à soi-même ces solutions, car votre enfant va apprendre en vous imitant aussi. Si vous lui proposez ces solutions et que, lorsque vous ressentez de la colère, vous vous déchargez sur les personnes de votre entourage ou votre enfant, ce dernier va sentir cette dissonance et surtout prendre exemple sur votre façon de réagir.


C'est aussi dans ces moments là, à froid, que vous pourrez revenir sur ce qui s'est passé, et débriefer sur les émotions, les attitudes et les paroles de chacun, en appliquant les principes de la Communication Non Violente (Marshall Rosenberg).


Bien évidemment, il n'y a pas de méthode universelle, sinon cela se saurait !


 

Vous l’aurez compris, il ne s’agit donc pas de “gérer un enfant” face aux émotions qu’il ressent, mais de l’accompagner pour qu’il puisse traverser et gérer la frustration et les autres émotions négatives petit à petit.


Le tout est de trouver une solution qui convienne à tout le monde. Et de patienter, le temps qu'il grandisse et sache mettre en application les ressources que vous lui proposez.


Si vous vous sentez dépassée, submergée, je peux vous accompagner de manière personnalisée dans ce type de problématique.







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